Bibliographie - Récits

Catalogue des œuvres de Marguerite Yourcenar

Bibliographie complète par date / Bibliographie succinte par genre

Alexis ou le Traité du vain combat

Marg Yourcenar, Alexis ou le Traité du vain combat, Paris, Au sans pareil, 1929, 183 p. Récit rédigé d’août 1927 à septembre 1928.

Alexis ou le Traité du vain combat est l’histoire d’un jeune musicien d’une famille aristocratique et pauvre, luttant contre des penchants supposés anormaux et condamnables, et finissant par quitter sa jeune femme, qu’il aime pourtant, et dont il vient d’avoir un fils, pour reprendre une liberté sans laquelle il ne peut plus vivre. (D’après Œuvres romanesques, Bibliothèque de la Pléiade, p.XVII).

La Nouvelle Eurydice

M. Yourcenar, La Nouvelle Eurydice, Paris, Grasset, 1931, 241 p. Récit rédigé en 1930.

Le livre évoque le désarroi d’un jeune homme entré pour la première fois dans l’intimité d’un couple et qui ne parvenient pas à dégager la vérité du mensonge dans les confidences qui lui sont faites. (D’après OEuvres romanesques, Bibliothèque de la Pléiade, p.XVIII).

La Mort Conduit l’Attelage

Marguerite Yourcenar, La Mort conduit l’attelage, Paris, Grasset, 1934, 239 p. Récits rédigés entre 1921 et 1924 et révisés en 1932-1933.

Le récit est constitué de trois nouvelles titrées D’après Dürer, D’après Gréco et D’après Rembrandt. Elles sont issues d’un ancien grand roman jamais abouti appelé Remous. À la manière des peintres, M. Yourcenar met en scène des personnages qu’elle reprendra plus tard dans des récits beaucoup plus long : Zénon pour L’Œuvre au Noir – Anna de La Cerna pour Anna, Soror… - Nathanaël pour Un homme obscur.

Denier Du Rêve

Marguerite Yourcenar, Denier du rêve, Paris, Grasset, 1934, 240 p. Roman rédigé entre 1932 et 1933.

L’histoire d’un attentat dans la Rome de Mussolini, l’an XI du fascisme, est le centre symbolique de ce roman. Autour des trois ou quatre héros de cet épisode central se groupent des personnages qui semblent échappés d’une commedia ou plutôt d’une tragedia dell’arte. Le denier dont il est question dans le titre est une pièce de monnaie, une simple pièce de dix lire qui passant de main en main, est le symbole du contact entre des êtres humains enfoncés dans leur propre passion et leur solitude.

Feux

Marguerite Yourcenar, Feux, Paris, Grasset, 1936, 221 p. Récits entrecoupés d’aphorismes et d’aveux personnels, rédigés en 1935. Accompagné d’un court avertissement.

Feux est une suite de nouvelles, de proses lyriques, presque de poèmes, inspirés par une certaine notion de l'amour. Alternant avec des notes sur la passion amoureuse, on y trouve les histoires de Phèdre, d'Achille, de Patrocle, d'Antigone, de Léna, de Marie-Madeleine, de Phédon, de Clytemnestre, de Sappho.

Nouvelles Orientales

Marguerite Yourcenar, Nouvelles orientales, Paris, Gallimard, 1938, 221 p. Récits entrecoupés d’aphorismes et d’aveux personnels, rédigés en 1935. Accompagné d’un court avertissement.

Nouvelles orientales se compose de neuf nouvelles tirées les unes de légendes ou de traditions littéraires du passé, situées fort loin dans l’espace et dans le temps, les autres placées dans le Proche-Orient de nos jours.

Le Coup de Grâce

Marguerite Yourcenar, Le Coup de grâce, Paris, Gallimard, 1939, 171 p. Roman rédigé d’avril à août 1938.

L’action se passe dans les régions de la Baltique, au temps de la guerre civile de 1919-1920, après la révolution russe. Le livre raconte une histoire d’amour entre un officier allemand des Corps Francs et une châtelaine qui rejoint, finalement, les Bolcheviques, après avoir découvert que l’homme aimé est attiré par son propre frère. Elle devra payer de sa vie cette trahison à sa classe et exigera que son amant soit son exécuteur.

Mémoires d'Hadrien

Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, Paris, Plon, 1951, 323 p. Roman rédigé entre décembre 1948 et décembre 1950.

L’empereur Hadrien (76-138) étant arrivé à la fin de son existence, rédige ses Mémoires qu’il adresse au successeur de son choix : le futur philosophe et empereur Marc-Aurèle.

Archives du Nord

Marguerite Yourcenar, Archives du Nord, Paris, Gallimard, 1977, 383 p.

Faisant pendant au premier volume du Labyrinthe du Monde, Souvenirs pieux, consacré à sa famille maternelle, ici, Marguerite Yourcenar évoque sa famille paternelle française (Lille, Mont-Noir) mieux connue grâce à son père qui vécut jusqu’en 1929. Le livre commence aux origines de la terre… pour se poursuivre par les terres qui deviendront un jour la Flandre française et ses ancêtres qui l’habitèrent : une petite aristocratie d’affaires souvent décrite avec humour et critique. Son père, Michel de Crayencour, y tient le rôle principal et Marguerite a quelques semaines quand le livre se clôt.

Comme l'eau qui coule

Recueil de trois nouvelles, refonte de d’Après Greco et d’Après Rembrandt de La Mort conduit l’attelage. Comprend : Anna, soror…, Un homme obscur et Une belle matinée

Paris, Gallimard, 1982, 266 p.

L’histoire d’Anna de la Cerna se déroule à Naples, au XVIe siècle, c’est celle des amours incestueuses entre Anna et son frère Miguel qui fuit la situation troublante et se fait tuer en mer. Anna, après un mariage consenti, se réfugie dans un couvent jusqu’à sa mort.

Un homme obscur est une sorte de testament littéraire de l’auteur : le personnage est un homme simple qui traverse sa courte vie sans trop s’émouvoir de ce qui lui arrive. Il finira sur l’île de Texel, mourant d’une pneumonie au sein même de la nature.

Une belle matinée est l’histoire de son fils Lazare, amoureux du théâtre et qui suivra une troupe de passage dans sa région pour vivre à travers le destin de ses personnages.

Conte bleu

Recueil de trois récits : Conte bleu, Le premier soir et Maléfice écrits entre 1927 et 1930 et publiés de manière posthume. Un Conte rouge et un Conte blanc furent des projets jamais aboutis.

Paris, Gallimard, NRF, 1993, 88 p.

Ecrits très tôt dans sa carrière,  ces trois récits, retrouvés dans ses papiers et réunis par hasard, ont été édités après la mort de Yourcenar pour « les sauver de la disparition ».

Le premier soir est, en réalité, un premier chapitre de roman rédigé par le père de l’auteur et où il racontait son voyage de noces. Il demanda à sa fille de bien vouloir le retravailler pour un faire une nouvelle. L’intrigue en est simple : le couple part en voyage et durant celui-ci, l’époux apprend la mort de sa maîtresse.

 

Conte bleu : conte très bref qui est un peu la parabole de la recherche de la richesse : crédulité, conquête, accident, morts, errance, pauvreté, finalement, plus grande qu’avant l’acquisition des riches saphirs.

 

Maléfice est un récit qui se passe dans l’Italie du Sud dans le contexte des persécutions des communistes de la fin des années 20. Tout tourne autour du désenvoûtement d’une jeune femme atteinte de tuberculose et dont on est persuadé qu’on lui a jeté un sort…

L'Œuvre au Noir

Marguerite Yourcenar, L’Œuvre au Noir, Paris, Gallimard, collection Blanche, 1968, 343 p. Roman rédigé entre 1956 et 1965. Suivit de la Note de l’auteur.

L'Œuvre au Noir est l'histoire d'un personnage fictif, Zeéon, médecin, alchimiste, philosophe, depuis sa naissance illégitime à Bruges au début du XVIe siècle jusqu'à la tragique catastrophe qui termine sa vie. Nous le suivons dans ses immenses voyages à travers l'Europe et le Levant de son temps, dans ses travaux de médecin des pestiférés et des pauvres et dans ses fonctions de médecin de cour, dans ses recherches en avance sur la science officielle de son temps et dans sa critique de la connaissance elle-même, dans ses expériences de l'esprit et de la chair, dans son perpétuel et dangereux faufilement entre la révolte et le compromis. Ce Zénon dont les angoisses et les problèmes n'ont pas cessé d'être actuels, ou sont en passe de le redevenir, répond à un type d'esprits ayant en quelque sorte traversé subrepticement la Renaissance, à mi-chemin entre le dynamisme subversif des alchimistes du Moyen Âge et les hardiesses techniques du monde moderne, entre le génie visionnaire de l'hermétisme ou de la Cabbale et un athéisme qui ose à peine dire son nom. Le personnage tient, par sa destinée et sa pensée, du grand chimiste allemand Paracelse, de Michel Servet, préoccupé lui aussi de recherches sur la circulation du sang, du Léonard des Cahiers, et du philosophe singulièrement audacieux que fut Campanella.

À côté de Zénon, quatre ou cinq principaux personnages font route eux aussi dans le labyrinthe de leur siècle : sa mère Hilzonde et son beau-père Simon Adriansen, emportés dans la tempête de l'anabaptisme ; son cousin Henri-Maximilien, compagnon de Montluc au siège de Sienne, gentilhomme aventureux et lettré, point dépourvu de sa modeste quote-part de sagesse humaniste ; son protecteur et ami le pieux prieur des Cordeliers, grand seigneur entré sur le tard dans les ordres, déchiré par les maux et le désordre du monde, en qui s'unissent à part égale la passion de la justice et la charité.

Tout un peuple de comparses, marchands, banquiers, hommes d'Église, ouvriers, femmes de toute condition et de tout état, vont et viennent à l'intérieur de ce livre où rien n'est sacrifié au pittoresque, et qui nous montre les années 1510-1569 sous un aspect quasi insolite, à la fois journalier et souterrain, vu des perspectives de la grand-route, de l'officine, du cloître, du comptoir ou de la taverne, et finalement de la prison.

Quoi ? L'Eternité

Dernier volume de la trilogie Le Labyrinthe du Monde. Inachevé. Publié à titre posthume.

Paris, Gallimard, 1988, 344 p.

Après les deux premiers tomes (sur la famille maternelle et paternelle) du labyrinthe du Monde, Marguerite Yourcenar s’attaque ici à sa propre histoire et à la vie de son père depuis sa naissance (1903) et jusqu’à la première guerre. Le livre devait s’achever à la mort du père, en 1929, mais il est resté inachevé par la disparition de l’auteur. Il sera, finalement, très peu question d’elle-même dans ce dernier volume. C’est surtout son enfance au Mont-Noir qui est évoquée.

 

Souvenirs pieux

Monaco, Editions Alphée, 1973, 335 p. (sous coffret, avec un « Album de Fernande »)

Du nom des petites images catholiques émises au décès d’un proche et que l’on glissait dans un Missel, les « souvenirs pieux » servent, dans ce roman-mémoire, à évoquer toute la famille maternelle de l’auteur. Sa mère étant morte lors de l’accouchement, Marguerite Yourcenar en est réduite à reconstituer son parcours grâce, entr’autres, aux confidences de son père. Elle y retrace aussi les portraits d’autres membres de sa famille maternelle, comme ses oncles Rémo et Octave Pirmez, mais le principal objet du livre est l’histoire de sa mère et s’arrête sur l’évocation de l’enfant de quelques semaines qu’elle a mis au monde, constituant une sorte de « tombeau littéraire » de la mère disparue en 1903, onze jours après sa naissance.

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