Mémoires d'Hadrien

Mémoires d'Hadrien

Marguerite Yourcenar, Mémoires d’Hadrien, Paris, Plon, 1951, 323 p. Roman rédigé entre décembre 1948 et décembre 1950.

  • Paris, Plon, 1958, 361 p. (édition augmentée des « Carnets de notes de Mémoires d’Hadrien »).
  • Paris, Gallimard, 1971, 357 p. (Nouvelle édition revue et corrigée).
  • Œuvres romanesques, Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1982 et 1991, pp. 285-555.

Résumé

L’empereur Hadrien (76-138) étant arrivé à la fin de son existence, rédige ses Mémoires qu’il adresse au successeur de son choix : le futur philosophe et empereur Marc-Aurèle.

Premier paragraphe

Mon cher Marc, je suis descendu ce matin chez mon médecin Hermogène, qui vient de rentrer à la Villa après un assez long voyage en Asie ; l’examen devait se faire à jeun : nous avions pris rendez-vous pour les premières heures de la matinée. Je me suis couché sur un lit après m’être dépouillé de mon manteau et de ma tunique. Je t’épargne des détails qui te seraient aussi désagréables qu’à moi-même, et la description du corps d’un homme qui avance en âge et s’apprête à mourir d’une hydropisie du cœur. Disons seulement que j’ai toussé, respiré, et retenu mon souffle selon les indications d’Hermogène, alarmé malgré lui par les progrès si rapides du mal, et prêt à en rejeter le blâme sur le jeune Iollas qui m’a soigné en son absence. Il est difficile de rester empereur en présence d’un médecin, et difficile aussi de garder sa qualité d’homme.

Références

Alain MURCIAUX, D'Alexis à Hadrien, in La Table Ronde, n° 56, 1er août 1952, pp. 144-148. 

Yvon BERNIER, Les Mémoires d'Hadrien, un art de vivre, in Critère, 01/05/1975, pp. 111-116. 

Rémy POIGNAULT, Alchimie verbale dans "Mémoires d'Hadrien" de Marguerite Yourcenar, in Bulletin de l'Association G. Budé, n° 3, 1er octobre 1984, pp. 295-321. 

E. van der STARRE, Hadrianus redivivus ? Marguerite Yourcenar en de historische roman, in Lampas, Vol 21 n°5, 01/08/1988, pp. 271-289. 

Odile GANDON, Un regard en biais sur la Grèce antique, Le Magazine littéraire, octobre 1979, pp. 16-17. 

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Traductions

Albanais, Allemand, Anglais (USA, GB), Arabe, Basque, Bosniaque, Bulgare, Catalan, Chinois, Coréen, Croate, Danois, Espagnol (Espagne, Amérique latine, Mexique), Estonien, Finnois, Galicien, Grec, Hébreu, Hongrois, Italien, Japonais, Lituanien, Macédonien, Néerlandais, Norvégien, Polonais, Portugais (Brésil et Portugal), Roumain, Serbe, Serbo-croate, Slovaque, Slovène, Suédois, Turc, Vietnamien. 

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Types d'adaptations

Théâtre, Cinéma

Adaptations

Ballet de Cuevas sur Antinoüs, musique de Nicolaou, Bordeaux, mai 1953 (en présence de M. Yourcenar qui n’a pas apprécié).

« Un livre, des voix », par Pierre Sipriot, France-Culture, mai 1977. 

« Cantate d’Antinoüs » par E. Podor, Théâtre Espace-Acteur, Paris, juin 1989. 

« Memorie di Adriano. Ritratto di una voce » par M. Scaparro, Teatro Argentina, Rome, juin 1990. 

Film en pré-production par John Boorman. 

(Liste des adaptations sur demande)

Lecture par Marguerite

Il existe un enregistrement audio ou vidéo de Marguerite Yourcenar lisant un extrait de ce texte.

Avis de l'auteur

Quand on écrit sur un personnage de roman, à mon avis, il faut en savoir infiniment plus qu'on en dit. C'est toujours la comparaison usée de la pointe de l'iceberg. Pour Hadrien, par exemple, il y a toutes les années de jeunesse, les années de guerre, les années d'ambition, au cours desquelles il s'efforce de devenir tour à tour officier dans l'état-major de Trajan, consul, gouverneur... Nous n'en savons presque plus rien; il faut pourtant tâcher de tout savoir, de tout recréer à travers les documents du temps et le curriculum vitae des autres grands fonctionnaires; il faut être capable de pouvoir tout dire, mais ne pas le dire parce que ce n'est pas important. […]. On a le curriculum vitae d'Hadrien, c'est-à-dire qu'on sait, année après année, les différents emplois, les différentes dignités dont il a été revêtu. Mais on ne sait pas grand-chose de plus. On sait le nom de quelques-uns de ses amis; on connaît un peu son groupe à Rome, sa vie personnelle. Alors j’ai taché de reconstituer tout cela, à partir des documents, mais en m'efforçant de les revivifier; tant qu'on ne fait pas entrer toute sa propre intensité dans un document, il est mort, quel qu’il soit. (154) La composition a pris trois ans. Cela va très vite, une fois qu'on s'est décidé. Trois ans de travail continu, à ne faire que cela, à vivre en symbiose avec le personnage, au point qu'il m'est arrivé parfois de comprendre qu'il mentait, et de le laisser mentir. Il réarrangeait comme tout le monde, consciemment ou non. Je crois qu'il a pas mal menti au sujet de son élection, de son arrivée au pouvoir; il a dû en savoir un peu plus qu'il ne m'en a dit. Il a laissé planer une sage incertitude. (155) (in Les Yeux ouverts, Le Centurion, 1980).

Avis de la critique

Quelle habileté, quelle maîtrise, il nous faut alors saluer dans l’œuvre de Marguerite Yourcenar ! Comme elle a su pénétrer cet homme ! Quelle étonnante « sympathie » ! Quelle intelligence du « sujet » ne faut-il pas pour nous donner, de la bouche même du héros, une vision continue de sa vie, et non seulement de ses actions mais de ses goûts et de ses pensées les plus intimes – et à partir de documents épars qui laissent sans doute entre eux bien des lacunes. Marguerite Yourcenar a recréé Hadrien. (J. Peuchmaurd, Marguerite Yourcenar fait de l’empereur Hadrien un grand mémorialiste, in Arts, 28.12.1951) 

Autres références disponibles sur notre base de données. 

Voir aussi « Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar. Réception critique (1951-1952) », CIDMY, Bulletin n°14, 2002, 172 p.

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