Biographie - Consécration - Fin

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Consécration - Fin
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La consécration

Première grande distinction, Marguerite Yourcenar est élue comme membre étranger à l'Académie royale de Langue et de Littérature française de Belgique en 1970. Après le bref voyage en Europe pour sa réception, elle rejoint pour une dizaine d'années son île américaine y étant retenue par la maladie incurable de sa compagne Grace Frick devenue sa traductrice vers l'anglais. C'est alors qu'elle entreprend une trilogie sur l'histoire de sa famille et la sienne (Le Labyrinthe du monde). Souvenirs pieux (Gallimard, 1974) – titre repris à ces images pieuses qui évoquent les morts – raconte la vie de sa famille maternelle et plonge dans la Belgique du XIXe siècle. C'est l'occasion de ramener à la mémoire l'œuvre de notre compatriote Octave Pirmez, un de ses grands-oncles. Suit, en 1977, Archives du Nord – titre repris aux archives de Lille – qui retrace l'histoire de sa famille paternelle française jusqu'à sa naissance. Ici, le récit débute au commencement du monde, au moment où la terre ne porte pas encore l'homme, ce « singe nu », cet « assassin des arbres », ce « prédateur-roi ». La mort de Grace Frick, en novembre 1979, interrompt cette existence sédentaire et permet un nouveau périple en Europe, de nouvelles rencontres et une envie de revivre qui éloigne un temps de l'écriture. Quoi, l'Éternité ?, dernier tome de la trilogie qui devait mettre en scène la petite Marguerite, est rédigé sporadiquement. Il paraîtra inachevé et de manière posthume et livrera, finalement, moins de choses sur l'auteur et son œuvre que ce à quoi on eût pu s'attendre. Honneurs et titres pleuvent sur la femme de lettres devenue, en l98l, la première Immortelle du quai Conti. Légion d'honneur (grade d'officier et de commandeur). Ordre du Mérite, Ordre de Léopold, honoris causa et prix divers consacrent une œuvre qui échappe au temporel et aux diverses modes du siècle, fournit une représentation de l'humain située « au-dessus de la mêlée » et touche au plus profond de la nature de l'homme par-delà l'anecdotique et le pittoresque de l'Histoire. Une œuvre qui, quel que soit le genre adopté (théâtre, essai, roman, poésie, traduction, correspondance...), interpelle parce qu'elle parle à la conscience, au cœur et à l'âme, parce qu'elle s'est libérée des carcans et des dogmes et raconte tout simplement comment utiliser au mieux ce laps de temps qu'est la vie, ce très bref moment entre l'humain qui vagit et l'humain qui se tait.


La fin

Marguerite, désormais Yourcenar, disparaît le 17 décembre l987 des suites d'une hémorragie cérébrale survenue à la veille d'un nouveau départ vers l'Europe, l'Inde et le Népal. Ses cendres sont inhumées dans le petit cimetière de Somesville de l'île des Monts Déserts. Sur la dalle qui les recouvre, elle a fait graver une phrase de son héros Zénon : « Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur humain à la mesure de toute la vie » (L'Œuvre au Noir, Paris, 1968, p. 16). Ce vœu écologique d'amour universel envers toutes les espèces (humaine, animale, végétale et minérale) rejoint son testament qui délègue ses biens à des organisations de conservation de la nature et d'aide aux démunis. Désormais le « Trust Petite Plaisance » gère sa maison comme un musée accessible au public durant l'été. Ses archives ont été déposées à la Houghton Library de l'Université de Harvard.
Michèle Goslar [Extrait de la Nouvelle Biographie Nationale, tome 8, Bruxelles, 2005, Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, pp. 391-394.]



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