Lieux de mémoire

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Lieux de mémoire
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Les lieux retenus ici, situés en Belgique, en France et aux États-Unis, sont ceux attachés particulièrement à l’auteur. Qu’il s’agisse du lieu de naissance, des lieux fréquentés assidûment dans l’enfance, des cimetières, lieux de mémoire privilégiés ; des lieux où elle vécut longuement ou de ceux où un hommage lui a été rendu. Bien d’autres lieux pourraient encore être mentionnés

 

Belgique, Bruxelles

Bien que Française par son père, Marguerite de Crayencour a beaucoup de liens avec la capitale belge. Tout d’abord elle y est née (193, avenue Louise), l’une de ses tantes maternelles y résidait et ses parents s’y sont mariés (église de Saint-Gilles), elle y a été baptisée (église Sainte-Croix), elle y a résidé quelque temps au début des années 1930 (125 avenue Louise), son père y est enterré (cimetière de Laeken)… C’est pourquoi Bruxelles lui a rendu hommage en donnant son nom à un site (Passage Marguerite Yourcenar) et en élevant un monument commémoratif de sa naissance (Un labyrinthe du monde).

193, avenue Louise

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« L'être que j'appelle moi vint au monde un certain lundi 8 juin 1903, vers 8 heures du matin, à Bruxelles (...) La maison où se passait cet événement (...) se trouvait située au numéro 193 de l'avenue Louise, et a disparu il y a une quinzaine d'années, dévorée par un building ».

 

Ainsi Marguerite Yourcenar décrit-elle sa naissance dans les premières lignes de Souvenirs Pieux. L'avenue Louise de la Belle Epoque était une promenade qui reliait le centre ville au bois de La Cambre. La demeure, située à mi-chemin, fut remplacée dans les années 1960 par une galerie commerçante. L’auteur la décrit brièvement : trois étages avec vérandas, cour et jardinet, vendue aux trois quarts meublée et acquise par Michel de Crayencour en janvier 1903. Le décès tragique de son épouse, 11 jours après la naissance de Marguerite, amena Michel de Crayencour à revendre la maison dès la fin de l'année. Il n’en subsiste aucune photographie.

Un labyrinthe du monde

En 2003, à l’occasion du centenaire de la naissance de Marguerite Yourcenar, Jean-François Octave a érigé, à quelques mètres de la maison natale, un « mini-musée » à ciel ouvert ayant la forme d’un labyrinthe de métal. Ce monument, qui intègre l’écriture de l’académicienne dans un univers urbain et contemporain, est intitulé « Un labyrinthe du monde », en référence à la trilogie rédigée par Marguerite Yourcenar. L’ouvrage marguerite yourcenar 193 avenue louise, bruxelles, publié en coopération avec le CIDMY, est consacré à cette œuvre d’art.

Passage/Doorang Marguerite Yourcenar

S’inscrivant dans un projet régional « Chemins de la ville » visant à relier le haut et le bas de Bruxelles par des aménagements piétonniers, le passage Marguerite Yourcenar permet l’accès au Parc d’Egmont par la rue aux Laines (quartier du Sablon). Quatorze citations de L’Œuvre au Noir, gravées dans la pierre bleue de France, sont réparties tout au long du passage jusqu’à l’entrée du Parc. Un éclairage spécifique est conçu afin de mettre en valeur les épigraphes dont les premières ornent le trottoir de la rue aux Laines.

En savoir plus...

icone_pdfBalade sur les traces de Marguerite Yourcenar à Bruxelles (en préparation).

icone_pdfDétails techniques du passage Marguerite Yourcenar.


FRANCE, Saint-Jans-Cappel

Quelques mois après le décès de sa mère, Marguerite de Crayencour rejoint le Mont-Noir avec son père, dans la propriété de sa grand-mère paternelle. Elle y passe toute son enfance, jusqu’à la vente du château familial en 1912. Elle mène une vie campagnarde et aisée, entourée d’un immense parc, d’animaux et se lie avec les « gens de maison », tout en étant « la petite fille du château ». Son père veille à son éducation. L’hiver se passe à Lille, dans une autre propriété de la grand-mère.

 

Le Mont-Noir

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« […] je dois pourtant beaucoup au Mont-Noir. J’y ai les plus anciens souvenirs que je puisse réussir à dater, […] je lui dois, ce qui compte beaucoup pour moi, ma première familiarité avec les bêtes et les plantes ; j’y ai entrevu ce qu’était la routine journalière de la vie à la campagne d’autrefois, et mon intimité, si facile pour un enfant, avec « les gens de maison », presque tous originaires de Saint-Jans-Cappel ou de villages voisins […]. Les Gilles Rombaut, les vieilles Greete, les Josse Kassel et autres personnages populaires de L’Œuvre au Noir sont souvent pour une part inspirés de lointains souvenirs de ce temps-là. En ce qui me concerne, j’ai toujours regretté que mon père ait vendu cette propriété […]. S’il l’avait gardée, […] ç’aurait été quelque chose que de posséder ce pan de colline sous un très beau ciel. » Cette citation, extraite de la lettre inédite écrite à Daniel Ribet par Marguerite Yourcenar le 25 janvier 1975, souligne l’importance du Mont-Noir dans la vie et l’œuvre de Marguerite Yourcenar. Le Mont-Noir est l’un des trois monts des Flandres de France. À flanc de cette colline, en 1824, le bisaïeul de Marguerite Yourcenar avait fait construire un château qui fut habité par la famille de Crayencour jusqu’à sa vente en 1912. Détruit en 1917 lors des bombardements, le château ne fut jamais reconstruit. Sur le Mont-Noir, seul subsiste aujourd’hui le pavillon du garde et les écuries qui ont été transformées en Centre de Résidence d’Écrivains Européens « Villa Marguerite Yourcenar ». Suite aux vœux de Marguerite Yourcenar, l’emplacement du domaine est aujourd’hui un parc naturel au sein duquel il est possible d’admirer la floraison des jacinthes en mai, le sous-bois aux oiseaux, la grotte que l’auteur, enfant, fleurissait ; ainsi que les arbres, l’étang et les rhododendrons qui ont entouré les premières années de Marguerite Yourcenar dépeintes dans Archives du Nord.

 

Musée Marguerite Yourcenar

Le Musée Marguerite Yourcenar a été créé en 1985 à Saint-Jans-Cappel à l’initiative de Louis Sonneville, instituteur du village, pour rappeler que Marguerite Yourcenar a passé son enfance au Mont-Noir. Ce musée communal, ensuite associé à la Fondation Marguerite Yourcenar, a étendu sa vocation à la préservation du patrimoine littéraire et naturel chérit par l’auteur. Le château des Cleenewerk de Crayencour, au sommet du Mont Noir, dépendait administrativement du village de Saint-Jans. Le musée est géré par l’association des Amis du Musée de Marguerite Yourcenar qui promeut le développement culturel et garantit la pérennité du musée. Le Musée de Saint-Jans-Cappel et le CIDMY travaillent en étroite collaboration afin de permettre au public de connaître la vie et l’œuvre de Marguerite Yourcenar. Le musée offre la possibilité d’accéder à une exposition permanente sur l’enfance de l’auteur et son parcours d’écrivain ; une pièce reconstitue un concentré de « Petite Plaisance ». Une vidéo retraçant le parcours de Marguerite Yourcenar y est proposée aux visiteurs ainsi que des promenades de groupes sur le « Sentier des Jacinthes »

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Musée Marguerite Yourcenar
55, rue Marguerite Yourcenar
FR - 59270 Saint-Jans-Cappel
Tel : +33 (0)3.28.42.20.20

Site : museeyourcenar.fr/fr/
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  • Ouvert toute l'année du mardi au vendredi de 10 à 12h00 et de 14 à 16h30 et le dimanche de 15h30 à 17h30.
    Fermeture annuelle en décembre et janvier. Possibilité toute l'année, tous les jours de la semaine, pour les groupes uniquement sur réservation.

 

L'Église

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Construite au milieu du XVI° siècle, l’Eglise Saint-Jean-Baptiste de la commune de Saint-Jans-Cappel fut détruite et restaurée à plusieurs reprises. Seule la tour date de 1557. Cette église de style néogothique, déjà rénovée en 1883-1884, fut reconstruite en 1922 à la suite de sa destruction partielle lors des bombardements de 1918. Le 1er septembre 1968, dans une lettre à Daniel Ribet, Marguerite Yourcenar évoque « […] le banc à l’église d’où l’on voyait à la fois le chœur et l’assistance […] ; les messes de la St-Hubert et de la St-Ghislain, bruyantes d’abois et de cris d’enfants ; dans la pauvre église, mis sous verre comme une relique, le képi d’un officier ou sous-officier […] » rappelant ainsi combien ce lieu fut fréquenté par sa famille. De part et d’autre de l’entrée, Michel de Crayencour, père de Marguerite Yourcenar, fit apposer deux plaques commémoratives dédiées à ses deux premières épouses, Berthe de Lagrange et Fernande de Cartier de Marchienne, toutes deux décédées en pleine force de l’âge.

 


États-Unis

Marguerite Yourcenar découvre les États-Unis avec Grace Frick, une Américaine rencontrée à Paris en 1937. Deux ans plus tard, à la déclaration de la Deuxième Guerre mondiale, orpheline et ruinée, elle répond à l’invitation de son amie à la rejoindre à New York, malgré son envie de se fixer en Grèce. Elle y restera plus de onze années, ne revenant en Europe que pour la sortie de Mémoires d’Hadrien, en 1951. Entre temps, elle a pris la nationalité américaine (1947) et a acquis, avec Grace Frick, une maison, « Petite Plaisance » en 1950, sur l’île des Monts-Déserts près de la frontière canadienne. Elle vécut à New York, enseignant plusieurs années à Bronxville, au Sarah Lawrence College, puis déménagea à Hartford avant de se fixer dans le Maine.

 

Petite Plaisance

« C'est ce que j'aime dans ce pays, la beauté du site et des gens simples avec qui on peut parler. Je n'attache pas énormément d'importance à la maison elle-même, mais c'est un asile, une cellule de la connaissance de soi, comme disait sainte Catherine de Sienne. J'imagine qu'un sage, tels les vieux taoïstes, pourrait faire plusieurs fois le tour du monde à l'intérieur de sa maison, sans jamais sortir de sa cellule. Ce serait un vrai sage. » Marguerite Yourcenar décrit ainsi dans les Yeux ouverts, sa maison, dans l’état du Maine, sur l’île des Monts-Déserts. Cette maison qu’elle nomme « Petite Plaisance » devient le lieu d’écriture de ses plus grands succès littéraires tels que Mémoires d’Hadrien, L’Œuvre au Noir et la trilogie inachevée Labyrinthe du Monde. Petite Plaisance est le dernier lieu de résidence de Marguerite Yourcenar. Elle décède sur l’île, à l’hôpital de Bar Harbor, en 1987. Selon le désir de l’auteur, la maison est restée intacte et est ouverte au public tous les étés.

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Administrateurs : Yannick Guillou, Joan E. Howard et Jean E. Lunt.
P.O. Box 403
Northeast Harbor Maine 04662.
Tel : (207) 276 3940.

Visites possibles sur rendez-vous du mardi au samedi entre le 15 juin et le 31 août.

Renseignements : Site de Petite Plaisance Conservation Fund
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Cimetière de Somesville

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Marguerite Yourcenar avait acquis de son vivant un « plot » dans le cimetière de Somesville pour y être enterrée aux côtés de Grace Frick (1979) et d’une dalle en hommage à Jerry Wilson, son dernier compagnon de voyage (1986). Le hasard veut que ce cimetière jouxte une maison où elle avait vécu plusieurs étés dès la découverte de l’île, dans les années 1940. Trois dalles funéraires s’y trouvent : l’une vouée à Grace Frick, la compagne de 40 années, et portant l’inscription, reprise à Mémoires d’Hadrien, « hospes comesque » (elle est l’hôte et la compagne) et recouvrant les cendres de l’amie fidèle. La seconde ne cache qu’une plaque de malachite brisée, cadeau de Yourcenar à Jerry Wilson, le compagnon des dernières années, qui mourut du sida en 1986. L’inscription, sur la tranche, en grec, ΣΑΠΦΡΩΝ ΕΡΩΣ (Saphron Eros), qui signifie selon Marguerite Yourcenar : le calme, l’intelligent amour. Enfin, la troisième, gravée partiellement avant son décès, est celle recouvrant ses cendres et qui met en exergue une phrase de Zénon, protagoniste de L’Œuvre au Noir, et résumant ses espoirs écologiques : « Plaise à Celui qui Est peut-être de dilater le cœur de l’homme à la mesure de toute la vie » (à savoir la vie animale, végétale et minérale).

 

Houghton Library

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Marguerite Yourcenar a confié ses archives littéraires et personnelles à l’Université de Harvard de Cambridge, Massachusetts. C’est la Houghton Library qui les gère : des milliers de lettres, des manuscrits, des photographies, des dossiers, etc y sont accessibles librement. Des documents ont été placés sous scellés pour le temps de sa propriété littéraire et ne seront consultables qu’en 2057. Un catalogue détaillé et complet des divers dépôts effectués à la Houghton Library est disponible sur Internet. La Houghton Library délivre également des copies papier ou microfilmées à la demande.

 

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