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ZÉNON, L'INSOUMIS

Film de Françoise LEVIE
Première mondiale le 11 décembre 2019 - 20h15
Flagey - Bruxelles


Zénon, c'est le héros de « L'Œuvre au Noir », célèbre roman de Marguerite Yourcenar, paru en 1968. C'est aussi le personnage principal du film d'André Delvaux, incarné par Gian Maria Volonte, pour l'adaptation cinématographique du même roman, en 1988. Mais que représente Zénon pour nous aujourd'hui et qu'est-il devenu ? En quoi ce philosophe, médecin, alchimiste, inventeur, issu de la Renaissance et complètement fictif, peut-il nous aider à appréhender son époque, mais aussi la nôtre et ses temps incertains ? C'est le pari de ce documentaire.

Page de référence avec extrait : ICI

Activités :

- Du 2 au 4 octobre 2019 - Colloque Marguerite Yourcenar et les Amériques à l'Université de Los Andes, à Bogota (Colombie)
- Le 11 décembre 2019, Film documentaire Zénon, l'insoumis, Ixelles Flagey, Studio 4, 20h15, 67 min, Français + Sous-titre Anglais
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- Le 14 décembre 2019, Théâtre Comment Wang-Fô fut sauvé, Leuze-en-Hainaut, CDHO Théâtre, 20h00, spectacle interdisciplinaire
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- Du 5 au 8 mars 2020 : le CIDMY  sera présent à la Foire du livre de Bruxelles. Venez nous rencontrer !
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A lire ou à voir sur le net :

- Marguerite Yourcenar par Véronique Bergen avec Michèle Goslar et Françoise Levie - Carnet et les Instants n°204, pp. 28-31
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- Coeur des Flandres et du monde par Maya Ombasic
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- Camus ou Yourcenar au téléphone : l’idée originale d’une librairie nantaise
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- Alquimia de la carne. La pasión según Yourcenar par Amelia Gamoneda Lanza
Cet article développe l’analyse de la relation analogique entre l’alchimie et l’émotion-passion qui se présente de manière implicite dans Feux et Les Charités d’Alcippe, de Marguerite Yourcenar. La matière première de l’alchimie –physique et spirituelle– lui permet de devenir le modèle de ce bouleversement de la matière vivante se manifestant également comme phénomène psychique et comme pensée. L’émotion-passion se constitue –selon ses théories les plus récentes– entre préconscience et cognition, et l’œuvre au noir est la phase dont la description convient une telle zone indécise. Le même ancrage au corps est demandé dans l’alchimie de la chair et dans l’alchimie du verbe rimbaldienne: de là que la poésie soit reconnue comme langage naturel par ces savoirs préconscients ou hermétiques qui refusent le langage conceptuel.
Texte en libre accès : ICI

Nouvelles publications :

- M. Yourcenar, Mémoires d'Hadrien par Sylvie Loignon dans le cadre du bac de français 2020, Hatier, 2019
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- M. Yourcenar, Mémoires d'Hadrien. L'œuvre et son parcours par Magalie Diguet dans le cadre du bac de français 2020, Ellipses marketing, 2019, 128 p.
Page de référence : ICI
- "Grâce me seconde". M. Yourcenar, une personnage à double auteur par Bruno Blanckeman, Classique Garnier, Collectif Femmes artistes et écrivaines dans l’ombre des grands hommes, Collection Masculin/féminin dans l’Europe moderne, n° 24, Série XIXe siècle, n°7, pp. 151-161, 2019
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- « Le pendant des "Mémoires d'Hadrien" et leur entier contraire ». Correspondance 1964-1967. Édition de Bruno Blanckeman et Rémy Poignault. Préface d'Elyane Dezon-Jones et Michèle Sarde. Collection Blanche, Gallimard. Parution prévisionnelle : 05-12-2019
Page de référence : ICI

Marguerite Yourcenar, « Le pendant des Mémoires d’Hadrien et leur entier contraire », Correspondance 1964-1967 (D’Hadrien à Zénon, IV), texte établi et annoté pr Bruno Blanckman et Rémy Poignault, préfacé et coordonné par Eliane Dezon-Jones et Michèle Sarde. Paris, Gallimard, 2019, 635 p.

Bien que le titre donné à ce quatrième volume des correspondances de Marguerite Yourcenar de 1964-67 fasse allusion à Mémoires d’Hadrien, il y en est très peu question.

En bref, l’année 1964 y est surtout consacrée à l’édition du recueil de traductions de negro-spirituals, blues et gospels, chez Gallimard, Fleuve profond, sombre rivière, et à des prépublications d’extraits.

L’année 1965 est moins ciblée : il y est question de l’affaire Curvers (concernant le recueil les Charités d’Alcippe), d’une analyse des rapports d’Hadrien avec le christianisme (P. 327 et sq), la fauconnerie (p. 330 et sq), très vaguement de la fin de la rédaction de L’Œuvre au Noir et déjà un peu du refus de Yourcenar de l’éditer chez Plon à qui le roman est dû. Une appréciation des critiques du dernier recueil publié et une seule allusion, dans une lettre à Jean-Louis Coté (pp. 337-38) à l’état de la terre où elle regrette que l’argent soit mis dans les exploits guerriers au lieu d’aménager la terre, où elle déplore la pollution de l’air et de l’eau et la destruction de « l’innocent monde animal ». Elle y déplore aussi, de façon terriblement prémonitoire, la « commercialisation de l’art, de la littérature et de la science » et insiste sur la nécessité de la limitation des naissances.

Quant aux œuvres futures, une seule allusion à Maître Brossollet (p. 311) : « J’arrive à l’âge où l’on compte sur les doigts, et plus exactement sur les doigts d’une main, le nombre d’ouvrages que l’on espère encore écrire. Pour moi, ces ouvrages tombent dans deux groupes : ceux du fonds Grasset, sur lesquels je reviendrai, et deux ou trois ouvrages complètement inédits et que ne lie aucune option chez aucun éditeur, le plus important étant un travail de type autobiographique. »[1]

L’année 1966 est quasi totalement consacrée à des échanges avec son avocat, maître Brossollet, et Plon afin d’obtenir le consentement de l’éditeur de publier L’Œuvre au Noir librement ailleurs que chez Plon qu’elle ne juge plus digne du livre après son intégration au groupe trop commercial des Presses de la cité.

Beaucoup de lettres de refus de collaborations et de rédactions étant donné le procès qui s’engage contre Plon et les soucis d’illustrer éventuellement le nouveau roman.

Une lettre intéressante sur la comparaison de Mémoires d’Hadrien et de L’Œuvre au Noir (p. 463) : « Hadrien était l’histoire d’une victoire (autant qu’il peut y avoir victoire); L’Œuvre au Noir en apparence au moins d’une défaite, mais je voudrais prouver au lecteur qu’il y a un point où l’antinomie victoire-défaite perd tout son sens. »

Notons, en p. 413, une intéressante critique des voyages organisés et en groupes : « C’est ici que se fait sentir la détérioration apportée dans les habitudes par les voyages qui ne sont plus des voyages, mais des entreprises touristiques commercialisées, toutes les femmes que je connais, même celles à qui leur culture et leurs moyens permettraient de faire mieux, se contentent de voyager rapidement et par groupes, heureux encore si ce qu’elles « font » en six semaines est seulement la Scandinavie et la péninsule ibérique, et non pas trois continents et douze capitales. » 

Quelques allusions aussi à la situation générale déplorable : parlant des gens, comme elle, qui ont un demi-siècle en 1966, elle précise : « demi-siècle d’ailleurs empli surtout de folies et de crimes au milieu desquels nous avons dû, tant bien que mal, vivre. »

1967 apparaît à Marguerite Yourcenar comme « un monde qui s’enlaidit et s’endurcit chaque jour un peu plus. » et qui lui fait dire à une directrice d’école normale (p. 541) : « Quand je pense aux malheurs et aux confusions de notre temps, la plus sûre solution de bien des problèmes me paraît consister en une éducation à la fois plus complète et plus humaine, et l’éducation de tous commence par celle des instituteurs et des institutrices. »

On découvre aussi, cette année 1967, son indifférence à l’argent (lettre à Natalie Barney, p. 467), sa lutte constante avec ses éditeurs, dont Gallimard, pour obtenir les relevés de ventes et ses droits d’auteur, une liste de ses refus de travaux commandés qui lui auraient pris trop de temps à réaliser (p. 478) et, dans ses lettres à Loulou (Louise de Borchgraeve), comment elle appréhende sa famille de Crayencour.

Enfin, une définition intéressante de Mémoires d’Hadrien : « pas un livre d’histoire, mais avant tout une œuvre de reconstruction poétique, d’imagination s’employant de façon très contrôlée à reconstruire le passé du dedans sur ce qui nous reste d’indices incertains et de témoignages incomplets ou biaisés. »

La correspondance se termine par une centaine de pages sur des lettres en anglais qui concernent surtout des demandes d’emprunts de livres ou de reproductions de photographies. Une partie est consacrée à sa belle-mère, Christine Brown-Hovelt et à son héritage.

En bref, ce gros recueil nous informe sur les livres en cours d’achèvement, sur les principes de Marguerite Yourcenar quant à la traduction (des négro-spirituals, mais aussi des poètes grecs), sur sa détermination à choisir ses éditeurs, sur sa clairvoyance quant à la critique de ses œuvres et d’œuvres d’autrui, sur sa franchise et son honnêteté toutes particulières quand il s’agit de dire vraiment ce que l’on pense d’un livre ou d’une démarche. On est ébloui par son immense culture et sa parfaite connaissance de tous les sujets abordés et sa modestie quant à son incapacité avouée de traiter de certains de ces sujets parfaitement connus.

[1] Il s’agit, bien sûr, du Labyrinthe du monde et des trois volumes : Souvenirs pieux, Archives du Nord et Quoi? l’Eternité.

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