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In Théâtre I, Paris, Gallimard, 1971, pp. 135-172.

Théâtre I, La petite sirène

Rédigé en 1942 à la demande d’Austin Junior, libre retranscription du conte d’Anderssen, la Petite Sirène est qualifié de divertissement par Marguerite Yourcenar.

Pour l’amour d’un prince, la petite sirène accepte de quitter son univers et de devenir humaine, mais dit, pour ce faire, céder sa voix à al sorcière qui l’a transformée. Mais le prince, promis à une héritière de Norvège, finit par s’en éprendre, abandonnant la petite sirène qui devient oiseau.

Adaptations : La petite Sirène, par Everett Austin Jr., Wadsworth Atheneum, Hartford (Connecticut, USA), 22-29/05/1942 ; La petite Sirène, par Everett Austin Jr., The Avery Memorial Auditorium, Hartford (Connecticut, USA), 28/12/1942-03/01/1943 ; La sirenetta, par Marina Spreafico, Milan, Teatro Arsenale, 26/01-21/02/1988 ; La sirenetta, par Marina Spreafico, Milan, Instituto San Michele, 21/01/1989 ; La sirenetta, par Ezio Donato, compagnie Teatro Stabile di Catania, Catania, 1998-99 ; La sirenetta, compagnie Teatrino dei Fondi, Teatro San Girolamo, Lucca, 28-31/01-01/02/2003 ; Retransmission de l’opéra « La Petite Sirène » enregistré à Poligny en juillet 1993, France 3, 26/12/1993

Marguerite Yourcenar - En la relisant, je m’aperçois que j’avais mis dans cette piécette plus que je n’y pensais mettre. Nos moindres œuvres sont comme des objets où nous ne pouvons pas ne pas laisser, invisible, la trace de nos doigts. Je me rends compte avec quelque retard de ce qu’a pu obscurément signifier pour moi à l’époque cette créature brusquement transportée dans un autre monde, et s’y trouvant sans identité et sans voix. Mais de plus, et surtout, cette rêverie océanique date d’un temps où le vrai visage, hideux, de l’histoire, se révélait à des millions d’hommes dont une bonne part sont morts de cette découverte ; même à la distance où le hasard m’avait mise, j’avais vu ce que j’avais vu. C’est à partir de cette époque et par l’effet d’une ascèse qui se poursuit encore, qu’au prestige des paysages portant la trace du passé humain, naguère si intensément aimée, vint peu à peu se substituer pour moi celui des lieux, de plus en plus rares, peu marqués encore par l’atroce aventure humaine. (…) Ce passage de l’archéologie à la géologie, de la méditation sur l’homme à la méditation sur la terre, a été et est encore par moments ressenti par moi comme un processus douloureux, bien qu’il mène finalement à quelques gains inestimables. De cette rupture et de cet acquis, la petite sirène abandonnant ses jeux d’acrobate et le poignard de ses rancunes pour rentrer dans le monde primordial dont elle est sortie, était, je m’en aperçois aujourd’hui, à la fois la préfiguration et le symbole. (Préface à La Petite sirène, Théâtre 1, p. 146)

Traductions : Anglais, espagnol, italien

Premier paragraphe : LES SIRÈNES, chantent, secouant leur longue chevelure : Ah ! Ah ! Ah ! Bleues, blanches, bleues comme les vagues ! Ah ! Oh ! Hi ! Grises comme les nuages et l’aile des mouettes ! Ah ! Ah ! Noires comme la tempête qui lacère les voiles ! Nous sommes pourpres comme la mer au couchant, quand le soleil saigne, pâles comme midi sur l’eau, quand le pêcheur, trompé par tant de transparence, ne sait plus très bien s’il ne faut pas jeter ses filets en plein ciel, — et, la nuit, nous sommes la matière des ténèbres, la luisante noirceur, les yeux verts du gouffre, la chevelure humide de la lune qui point à l’Orient ! Les matins d’hiver, sous le ciel blanc, dans les vagues grises, nous bondissons comme des baleines, lourd troupeau de la mer… Et nous sautons, les jours d’été, comme des dauphins, sur les rochers de la Sicile… Les soirs de tempête, en plein large, loin des voiles, loin des cordages, loin des mâts, loin de tout ce qui crie ou grince, loin des rivages, des cavernes ou des récifs, loin de tout ce qui tonne ou retentit, nos voix aiguës jaillissent et chantent, seul cri des vagues silencieuses…

Réception critique : « De la poésie plus nettement encore émane La Petite sirène »… La préface est particulièrement remarquée par le critique qui trouve « les renseignements biographiques pleins de saveur et d’intérêt ».  (Indications,  1972, n°3, pp. 1-4)

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